Les trois contes du nuage incontinent : L'enfant des guerres , le mendiant , les parapluies sous les réverbères à bougie .

Thème: L’incontinence des nuages • 01 juillet 2026 • par Jean- Bernard Umdenstock

Oh ! Les nuages les merveilleux nuages !

Pas un nuage

Sous l'azur diaphane ,

On croirait voir vivre et mourir nos rêves .

C'était un soir d'été :

Par une lune pleine et brillante comme un coeur d'enfant ,

l'homme rêvait son monde de bonheur .

***

Mais au loin un nuage éclata ,

incontinent comme le vieil homme au corps hypertrophié ,

pleurant sur la terre chaude après la pluie

ses espoirs envolés :

La terre fume et s'éleve sur un ciel décharné .

***

Et plus loin les fusils crépitent

les bombes déchirent

le duvet soyeux .

***

De ces ciels brouillés

de ces cieux brûlés

l'enfant pleure son quotidien massacré .

De ses mains meurtries

il mendit son pain .

Un ange passe aux ailes brisées .

Puis vient la nuit

Le soleil s'enfuit .....

Sous le nuage incontinent

Se rêve l'enfant des guerres

Roulant sur le pavé ...

****

Rue du bal des sens

Rue d'hôpital où tout balance

Où penchent ces gueules de veuves

Qui n'en peuvent mais n'en veulent

De ce veûle ciel d'hiver .

***

Rue des blafardes

Où sous ses hardes

Rire nerveux battant la plainte

Ah ! Pourtant la plainte un gueux pourrait

Comme c'est bizarre

Ce vieux pavé

Qui sent l'absinthe et les champs de blé ...

***

Ah ! comme c'est bizarre

Sans une plainte

Îvre d'espoirs sur son trottoir

Ce bambochard

Ce dégueulard bâtard

Se meurt

Le fils de l'heure

Roulant comme un molard !

****


Les parapluies qui suent de cafés en cafés

Les parapluies en ont juste assez

De la rue courte et distinguée

Comme la rue n'est pas transparente

Avec son "Bleu-Blanc- Rouge " rouge ou indifférent

Ruban trempé

Comme la rue n'est pas pénétrante

Le ruban n'est jamais défait

Ah ! La rue vous savez

La rue les gens l'ont pliée

Dans un imperméabilisé

Dans un cellophane glacé !

*****

Comme il s'en va de l'impénétrable

A la lumière des réverbères

Comme il s'en va la triste fable

A la lumière de ces tamisés

Ah ! C'est pitié de ces réverbères

Ah ! C'est pitié de ces grands négligés ...

***

La rue c'est comme les gens

mi - satisfaits mi - désolés

Il n'y a plus que des yeux fiévreux

Des ahuris des inexpressifs

Il faut vous dire ceux des réverbères électriques

Les hommes automatiques les préfèrent

Ces drôles d'émotifs .

***

Et dès le petit jour

Les mêmes abats - jours

Parapluies légers

Parapluies mouillés

Parapluies légèrement troublés

****

Pourtant sur la grand - route

A mille et mille de l'homme automatique

Au fil des jours

Deux parapluies se foutent bien

De tous ces rabats jours ..

***

Deux parapluies

Deux mal - aimés

Dans le soleil

La coquetterie de l'un

Se marie à merveille

Avec un teint presque vermeil ...