Oh ! Les nuages les merveilleux nuages !
Pas un nuage
Sous l'azur diaphane ,
On croirait voir vivre et mourir nos rêves .
C'était un soir d'été :
Par une lune pleine et brillante comme un coeur d'enfant ,
l'homme rêvait son monde de bonheur .
***
Mais au loin un nuage éclata ,
incontinent comme le vieil homme au corps hypertrophié ,
pleurant sur la terre chaude après la pluie
ses espoirs envolés :
La terre fume et s'éleve sur un ciel décharné .
***
Et plus loin les fusils crépitent
les bombes déchirent
le duvet soyeux .
***
De ces ciels brouillés
de ces cieux brûlés
l'enfant pleure son quotidien massacré .
De ses mains meurtries
il mendit son pain .
Un ange passe aux ailes brisées .
Puis vient la nuit
Le soleil s'enfuit .....
Sous le nuage incontinent
Se rêve l'enfant des guerres
Roulant sur le pavé ...
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Rue du bal des sens
Rue d'hôpital où tout balance
Où penchent ces gueules de veuves
Qui n'en peuvent mais n'en veulent
De ce veûle ciel d'hiver .
***
Rue des blafardes
Où sous ses hardes
Rire nerveux battant la plainte
Ah ! Pourtant la plainte un gueux pourrait
Comme c'est bizarre
Ce vieux pavé
Qui sent l'absinthe et les champs de blé ...
***
Ah ! comme c'est bizarre
Sans une plainte
Îvre d'espoirs sur son trottoir
Ce bambochard
Ce dégueulard bâtard
Se meurt
Le fils de l'heure
Roulant comme un molard !
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Les parapluies qui suent de cafés en cafés
Les parapluies en ont juste assez
De la rue courte et distinguée
Comme la rue n'est pas transparente
Avec son "Bleu-Blanc- Rouge " rouge ou indifférent
Ruban trempé
Comme la rue n'est pas pénétrante
Le ruban n'est jamais défait
Ah ! La rue vous savez
La rue les gens l'ont pliée
Dans un imperméabilisé
Dans un cellophane glacé !
*****
Comme il s'en va de l'impénétrable
A la lumière des réverbères
Comme il s'en va la triste fable
A la lumière de ces tamisés
Ah ! C'est pitié de ces réverbères
Ah ! C'est pitié de ces grands négligés ...
***
La rue c'est comme les gens
mi - satisfaits mi - désolés
Il n'y a plus que des yeux fiévreux
Des ahuris des inexpressifs
Il faut vous dire ceux des réverbères électriques
Les hommes automatiques les préfèrent
Ces drôles d'émotifs .
***
Et dès le petit jour
Les mêmes abats - jours
Parapluies légers
Parapluies mouillés
Parapluies légèrement troublés
****
Pourtant sur la grand - route
A mille et mille de l'homme automatique
Au fil des jours
Deux parapluies se foutent bien
De tous ces rabats jours ..
***
Deux parapluies
Deux mal - aimés
Dans le soleil
La coquetterie de l'un
Se marie à merveille
Avec un teint presque vermeil ...